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?Sunny Side of the doc 2008 :désastres annoncés

Le Sunny Side a poursuivi cette année encore et de façon très maîtrisée ce qui fait sa singularité ; proposer trois types d’approches relatives au documentaire : le marché, le débat, les œuvres

Quels enseignements tirer de cette 19ème édition et en particulier du marché qui est la partie centrale de ce rendez-vous annuel à La Rochelle ?
Plusieurs constats se croisent pour donner un tableau peu optimiste.
Tout d’abord, le ralentissement de la production documentaire est plus que perceptible. Le constat avait été fait récemment pour la France (baisse en volume et en valeur), il semble également vérifié sur le plan international.
Non seulement il se produit moins de documentaire mais il s’en vend moins ; au lieu de vendre, les distributeurs rencontrés à La Rochelle confirment discuter de plus en plus de préachats et de coproductions. Ce phénomène, déjà perceptible l’année dernière, se confirme. Ce qui mobilise les acteurs du secteur est en effet la recherche de financements internationaux pour de nouvelles productions plus lourdes et proches de leurs attentes. Ce qui peut vouloir dire que le marché traditionnel des films documentaires les satisfait moins et que s’impose la recherche de nouveaux styles.
Justement, ces « nouvelles écritures « que sont-elles ? Deux axes se distinguent ; d’une part, les doc-entertainment – entendre par là des programmes de divertissement qui prennent prétexte du documentaire (« ma semaine chez les Papous » etc.) pour ratisser large. D’autre part, un éventail d’écriture documentaire qui s’étend des « docudrama » aux « docufictions » en passant par les « fictions du réel ». Deux axes antinomiques donc, l’un qui s’apparente de façon perceptible au divertissement télévisuel et l’autre, plus ambitieux qui vise la notoriété du cinéma de fiction.
Autre constat quant aux politiques éditoriales des chaînes ; poursuivant une tendance déjà constatée depuis un an, le documentaire d’investigation séduit de plus en plus de diffuseurs par sa capacité à fédérer un large public. Ainsi Arte a annoncé en faire une des orientations fortes de sa politique de programme documentaire.
Plus anecdotique mais néanmoins présent au Sunny Side qui lui a consacré un de ses débats : le film traitant des questions d’environnement. Le green doc n’est pas uniquement à la mode, il préfigure une tendance lourde et devient un « genre international » incontournable. Mais si ce genre pourra bien entendu abriter des regards d’auteurs singuliers, il sera lui aussi confronté à une autre tendance très marquée à l’international ; la demande de séries documentaires au détriment des unitaires.
La France ne se singularise pas vraiment dans ce marché international. Certes France Télévision reste un partenaire essentiel pour la création documentaire mais les cases de documentaire de création diminuent et des pans entiers de production restent très rares à l’antenne. Un simple exemple emblématique de ces lacunes tendancielles ; les films qui rendent compte des faits de société à l’étranger. Tourner un documentaire dans un pays non francophone sur un sujet de société qui ne relève ni du sensationnel ni de l’investigation devient de plus en plus difficile avec les grands diffuseurs nationaux.

Quant au débat relatif au documentaire, il était cette année singulièrement assombri puisque le Sunny Side avait lieu dans une semaine tendue à l’extrême par la remise du rapport Copé et la prise de parole immédiate du Président de la République qui a suscité le tollé que l’on sait de la part des professionnels présents et des réactions syndicales très fortes de l’USPA et du SPI au cours de conférences de presse le lendemain de cette annonce.
Ambiance carrément déprimée et déprimante, producteurs et diffuseurs confondus. La profession joue sa survie et avec elle les créateurs, pas seulement dans le genre documentaire.
Alors, crise ou mutation ? Et bien, l’une et l’autre. La crise est évidente mais elle intervient dans un mouvement de profonde mutation vers on ne sait quoi exactement. La naissance sous nos yeux du « média global » (la pluralité des vecteurs et donc des consommations d’images) amène à décliner les interrogations sur les genres, les technologies, les modes de consommation, le principe même de payer pour accéder aux œuvres. Yves Jeanneau, commissaire général du Sunny Side soulignait l’année dernière que les boussoles s’affolaient devant les changements ; « Cette année, c’est pire car il n’y a plus de Nord ».

Dans cette confusion, la France avait l’occasion de réinterroger la question du pacte social qui régit un pays et sa télévision. Grande et belle question qui passe à la trappe au profit d’une volonté politique clairement affirmée par le Président de la République : « mon souhait c’est que les groupes audiovisuels privés soient puissants ». Ce qui se met en place est l’affaiblissement programmé de la télévision publique et son passage à un statut de télévision d’Etat avec l’annonce de la nomination du dirigeant du service public par le Président lui-même. Tout le monde en devint conscient au cours de cette semaine Rochelaise. Les cris de colère seront-ils suffisamment forts ? Les lobbies seront-ils suffisamment persuasifs ? La presse sera t-elle suffisamment consciente de son rôle historique sur une question qu’elle a longtemps sous estimée ? Les parlementaires accepteront-ils d’assumer une responsabilité devant laquelle ils ont fait défaut des décennies durant ? Pendant que toutes ces questions étaient posées, beaucoup découvraient que parmi les invités du Sunny Side figuraient les représentants de TV Brasil, première chaîne de service public créée récemment au Brésil qui fut longtemps le règne sans partage de la télévision privée. Cela rendit songeur.

AM, La Rochelle 30 juin 2008

تاريخ النشر: الجمعة, 6 فبراير, 2009