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Cinéma d’auteur à Rabat

cinema auteur rabat 2009

Festival du cinéma d’auteur de Rabat : Cinéma pour tout le monde

Démocratiser la culture. Tel est l’objectif du festival du cinéma d’auteur de Rabat, qui fêtera cette année sa 15e édition. Des films de qualité, une ambiance exceptionnelle et des débats passionnants après les projections. Voilà ce à quoi les spectateurs ont eu droit jusqu’à présent.

Du 20 au 30 juin, les principales salles de cinéma de la capitale présenteront des longs métrages provenant de différents pays, tels que Cineccita de Youssef Chahine ou bien Eden à l’Ouest de Costa Gavras. Les séances sont habituellement gratuites et attirent les gens qui viennent en grand nombre. Que veut dire « films d’auteur » ? Bien souvent, c’est ce que l’on oppose aux «films commerciaux». Les « films d’auteur » sont perçus comme des films compliqués, complexes, inaccessibles. Ils seraient destinés à une élite, composée « d’intellectuels » ou de « spécialistes » du cinéma. Les « films commerciaux » quant à eux seraient plus légers et s’adresseraient au « grand public », voire aux personnes non instruites. On les regarde pour se détendre, pour ne pas avoir à réfléchir… Le pari du festival du cinéma d’auteur de Rabat est d’avoir dépassé cette opposition « films d’auteurs/films commerciaux » et d’avoir pu mettre à la disposition de spectateurs appartenant à différents milieux socio-culturels des longs métrages riches en idées et en émotions.

Un cinéma cosmopolite

Des films de tous les continents sont projetés lors de ce festival. Le cinéma arabe ou persan est omniprésent. Ces dernières années, le public a pu découvrir des films iraniens tels que Lonely Tunes of Tehran de Saman Salou, présent dans la salle au moment de la projection. Ce long métrage raconte l’histoire de deux cousins qui gagnent péniblement leur vie en installant clandestinement des paraboles chez des particuliers. L’un des compères est un nain, qui a fait des études d’ingénieur pendant seize ans pour se retrouver au bout du compte sans travail et qui peste avec rage contre les conditions de vie précaires à Téhéran, et l’autre est un ancien combattant du conflit avec l’Irak, portant sur lui les traces du traumatisme. Le film montre leurs journées et leurs nuits dans la ville, ainsi que le pessimisme d’une jeunesse qui ne voit aucune perspective d’avenir dans le futur. « Nous sommes comme une équipe de foot qui perd trois à un dans les prolongations et qui vient de voir un de ses joueurs expulsé» dit l’un des personnages. L’intérêt de ce film est de montrer les Iraniens non pas comme le font les média à sensation, en cherchant les scènes qui vont choquer (et qui font vendre), mais en faisant découvrir leur normalité. On est loin des cris, de la violence, de « l’islamisme » et des images de femmes vêtues de noir de la tête aux pieds. Les rues de Téhéran dans lesquelles marchent nos protagonistes pourraient bien être celles de Rabat ou de Casa… La question palestinienne, sera centrale cette année au sein de ce festival, qui a déjà présenté il y a trois ans Attente de Rashid Masharawi. Inspiré par l’histoire vraie de la construction d’un théâtre en Palestine financé par l’Union Européenne et détruit par les bombardements israéliens (ce qui au passage complexifie sacrément la thèse du complot sioniste soutenu par l’Occident), le film raconte la quête initiatique d’un metteur en scène palestinien qui traverse le Liban, la Syrie et la Jordanie pour faire un casting. Tout comme Intervention divine, il nous fait prendre conscience de la gravité du conflit israélo-palestinien à travers le quotidien des arabes qui le vivent. Les films égyptiens sont également très prisés. Il y a trois ans, l’avenue Allal Ben Abdallah a été marquée par la présence de Yousra et de Mouna Zaki, deux grandes actrices égyptiennes venues à la rencontre d’un public survolté et qui ont assisté avec lui à la projection de deux de leurs films : Al Ichkou wa al hawa (Passion et amour) et Damou al ghazal (Sang de gazelle), dénonçant les ravages du fondamentalisme religieux en Egypte. Le cinéma occidental est aussi très présent. Les organisateurs ont pu faire venir des films importants du festival de Cannes, dont California Dreamin de Christian Nemescu, qui a été primé. Celui-ci montre à travers la rencontre tragique entre un casque bleu américain et une jeune roumaine l’urgence qu’il y a à cultiver le cosmopolitisme et le respect mutuel entre les cultures. Aux séances de 22 heures, les noctambules peuvent découvrir des petits chefs d’œuvres guère médiatisés, comme par exemple le film belge de Marie Helia Microclimat, racontant l’histoire d’une famille bretonne qui se réunit pour la venue de l’une des filles qui fait ses études à Paris et qui vient présenter son fiancé. L’intérêt du film est dans la psychologie des personnages, tous très profonds et qui derrière leur côté drôle ont chacun aussi leur part de souffrance cachée. L’année dernière le prix du public du festival du cinéma d’auteur de Rabat est allé à David et Layla de Jay Jonroy, dont la trame relate bien l’esprit que souhaitent faire passer les organisateurs. Le film raconte l’histoire d’un présentateur de télévision new yorkais de confession juive qui tombe amoureux d’une réfugiée kurde musulmane vivant chez son oncle. Les passages où le héros se convertit à l’islam sont superbes et montrent que l’on peut épouser la religion de l’autre avec la plus grande sincérité. Lors du débat qui a suivi le film, l’un des spectateurs a dit au réalisateur présent dans la salle que «contrairement à ces discours théocratiques qui vantent sans arrêt la vision homogène et désincarnée du « bon musulman», du «bon chrétien» ou du «bon Juif», votre film indique que la réalité n’est constituée que par la pluralité des islamités, des chrétientés et des judaïtés, ainsi que par le métissage des cultures ». Le 7e art a cette capacité de montrer l’intensité et la magie de certains moments de l’existence et d’amener les spectateurs à ressentir des émotions profondes lorsqu’ils identifient leurs propres expériences avec celles que vivent les personnages des films.

Un cinéma pluriel pour un public pluriel

Les films sont présentés dans différentes salles de la capitale. Tout d’abord, il y a des projections effectuées au Théâtre Mohamed V de Rabat, notamment celle de la séance inaugurale. L’année dernière, une grande rétrospective de films du cinéma marocain a été effectuée dans cette prestigieuse salle. Le public est celui des classes plutôt aisées. Le cinéma 7e art est aussi une très belle salle, où l’on peut voir le film assis dans des fauteuils rouges confortables et où l’on entend les mouches voler tellement les spectateurs sont silencieux. Au Royal, on se trouve plutôt dans une atmosphère «vieux cinéma de quartier», avec des fauteuils un peu durs, un écran gigantesque et surtout une salle comble, très bruyante. Le public est d’une autre nature. On est moins dans le style costume-cravatte, jeunesse estudiantine type école privée ou bien décolleté et jean taille basse des jolies filles du 7e art. Même s’il faut bien insister sur l’hétérogénéité et la complexité des différents publics qui constituent une même salle de cinéma, on voit beaucoup plus au Royal les classes populaires, les gens non cinéphiles, les étudiants (mais plutôt de la fac), les gens des bars d’à côté, les jeunes qui viennent s’amuser. C’est à ce niveau que le festival du film d’auteur de Rabat est unique au Maroc. Il y a un pluralisme, une multitude de style de vie, une richesse, une société composite. Au cinéma Royal, il y a ceux qui applaudissent dès que le générique apparaît, qui commentent à haute voix le film, qui répondent au téléphone, qui fument une cigarette pendant la séance, qui mâchent des pépites bruyamment, qui sont là en couple pour trouver un peu d’intimité sur les fauteuils situés aux extrémités de la salle. Lors de la projection il y a deux ans de The only journey of his life du réalisateur grec Lakis Papastathis, on a vu deux filles marocaines se lever et danser le long de l’allée sur le rythme d’une des chansons du film, sous les applaudissements de la salle. C’est cela aussi, l’ambiance du festival du cinéma d’auteur de Rabat. Espérons que la 15e édition sera encore un grand cru.

Jean Zaganiaris,
enseignant à COM’SUP

 

Cinéma d’auteur à Rabat : Vibrant hommage aux ténors du septième art arabe

La 15e édition du festival international du cinéma d’auteur à Rabat, organisée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, s’est ouverte samedi soir à Rabat par un hommage à trois grands noms du septième art arabe.

Lors d’une cérémonie tenue au théâtre Mohammed V, un vibrant hommage a été rendu à l’auteur et cinéaste marocain Youssef Fadel, à l’acteur égyptien Mahmoud Abdelaziz et à la réalisatrice palestinienne Mai Masri. Les trois artistes ont reçu, à cette occasion, l’emblème du festival.
S’exprimant lors de cette cérémonie, le président du festival, M. Abdelhaq Montrach, a souligné que cette manifestation «constitue un rendez-vous culturel incontournable et fort attendu par les artistes des différentes formes de création et d’expression artistique et littéraire».
Au fil des éditions, a-t-il ajouté, cet événement est devenu un point privilégié de convergence des cinéastes et intellectuels à l’échelle nationale, arabe et internationale.
Le festival est déterminé à continuer avec succès cette riche expérience et entend promouvoir, dans cette édition, de nouveaux domaines de diversité en s’ouvrant à d’autres formes d’expression, dans le prolongement naturel de la dimension universaliste, a poursuivi M. Montrach.
La 15e édition, a-t-il relevé, sera particulièrement marquée par la célébration de la ville d’Al-Qods en tant que capitale de la culture arabe à travers diverses tables-rondes et lectures de poèmes.
Le public sera en outre au rendez-vous avec le Salon régional du livre et avec l’hommage qui sera rendu aux grands auteurs et penseurs arabes disparus, dont Abdelkbir Khatibi et le poète tunisien Abou Al-Kacim Achabbi, a indiqué le président du festival.
Auparavant, et dans le cadre des festivités à l’occasion de la célébration de la ville d’Al-Qods capitale de la culture arabe, il a été procédé au vernissage d’une exposition internationale de photographies sur « la présence marocaine à Al-Qods Acharif».
L’exposition est organisée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, par l’agence Bayt Mal Al-Qods en collaboration avec le ministère de la Communication et l’Organisation de la Conférence Islamique.
Parallèlement à la 15ème édition du festival, l’Association du festival organise un Salon du Livre en partenariat avec le ministère de la Culture et la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc.
Le Festival devra départager 12 films en compétition officielle et sera marqué par la projection de 72 films représentant 13 pays du monde arabe, d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Afrique, avec la participation de 150 cinéastes.
Cette année, la fenêtre documentaire a fait son entrée à travers la projection d’une série de films documentaires scientifiques.
Par ailleurs et comme à l’accoutumé, le cinéma d’ailleurs sera revisité dans la rubrique «rétrospective», avec comme invité d’honneur cette année le cinéma russe et turc.
Le jury, présidé par le Britannique Moritz de Hadeln, est composé de Marina Blatova (Russie), Farid Belkahia (Maroc), Malek Akkad (USA), Jawad Assadi (Irak), Tanvir Mokammel (Bengladesh) et Laila Chaouni Benabdallah (Maroc).
Il aura à apprécier et départager les films en compétition pour l’obtention des prix du festival, notamment le Grand prix Hassan II du meilleur film, le prix du jury, le prix du meilleur comédien, de la meilleure comédienne, du meilleur scénario et le prix du public.

 

http://www.albayane.ma  21-22/06/2009

تاريخ النشر: الثلاثاء, 23 يونيو, 2009